La Tunisie s’est éveillée au tourisme international, début des années 60, sous le signe du balnéaire. Le pays est en effet doté d’un littoral long de 1.300 km, bordé de plages le plus souvent sablonneuses, parfois rocheuses, et cela correspondait aux goûts de l’époque.
L’évolution récente des tendances du tourisme international aussi bien que le marché intérieur émergent, mais à forte croissance et qui se distingue par son caractère familial, portent aujourd’hui la demande vers de nouveaux horizons culturels, naturels et écologiques.
Cette tendance a coïncidé avec les préoccupations des pouvoirs publics soucieux de préserver le patrimoine forestier national et d’en faire un outil de développement et de progrès pour les populations riveraines. Le domaine forestier de l’Etat s’étend sur une superficie de 970.000 hectares, soit une couverture forestière de l’ordre de 12% de la superficie du pays, non compris la partie désertique, les chotts et sebkhas. L’objectif, à l’horizon 2010, est de porter cette proportion à 15%. Pour ce faire, il importe non seulement d’intensifier l’effort de reboisement, mais également d’alléger significativement la pression exercée sur ce domaine par une population qui en dépend et qui s’élève à un million d’individus, soit le dixième de la population totale.
Une stratégie a été mise au point à cette fin, qui s’appuie sur une approche intégrée, participative, prenant davantage en considération les conditions socio-économiques et les préoccupations des populations concernées qui doivent être associées au choix des options à retenir et à leur mise en œuvre ; cette association est considérée comme étant le garant du développement durable des ressources forestières et des populations qui en bénéficient. Dans un premier temps, l’effort de l’Administration a porté sur la multiplication des villages ruraux réunissant les commodités d’une vie décente : électricité, eau courante, gaz butane, sur des améliorations pastorales, et sur la mise en valeur agro-forestière des clairières.
Aujourd’hui, cette administration entame l’implication des populations dans la gestion durable des ressources forestières. C’est le deuxième volet de la stratégie élaborée par la Direction générale des forêts dans cette optique. Il comprend en particulier le lancement d’un plan d’aménagement et d’exploitation de parcs nationaux. Et, entre 1977 et 1990, huit parcs nationaux ont vu le jour à travers l’ensemble du territoire national. Caractérisé par la diversité de leurs biotopes, chacun de ces parcs est représentatif des paysages et des écosystèmes spécifiques à sa région et à son microclimat.
L’un après l’autre, ces parcs ont été dotés chacun d’un écomusée conçu comme le principal outil d’éducation environnementale et comme une composante majeure du tourisme écologique dans l’enceinte des parcs. Ultime étape vers la mise en place définitive de ce nouveau produit : l’aménagement d’infrastructures d’accueil et de gestion des parcs en coopération avec le secteur privé et la population riveraine pour faire de ces nouvelles destinations un espace de développement des activités socio-économiques de la région par la promotion des produits du terroir et de l’artisanat local. Pour baliser cette voie, la Direction générale des Forêts, en collaboration avec l’Agence allemande de coopération extérieure, a entrepris de mettre au point des circuits qui couvrent les trois principales régions du pays: Nord, Centre et Sud et qui ont les parcs nationaux pour principales haltes.