Rached Mathlouthi
Huile d’olive, dattes, produits de terroir et autres fromages ont été à l’honneur à la 58ème session du salon de l’agriculture de Paris qui s’est tenu du 26 février au 6 mars 2022. Dix entreprises de production agricoles se sont, en effet, partagé un stand de plus de 80 m2, où en plus de l’exposition de produits du terroir et des produits spécifiques biologiques de Tunisie, notamment ceux qui ont été primés auparavant, des séances de dégustation ont retenu l’attention des visiteurs du salon.
Alors, lorsqu’on veut, on peut. Et c’est l’agriculture tunisienne qui pourrait, justement, devenir l’enseigne de cette Tunisie productive et créative. Cela demande un mieux encadrement de nos agriculteurs et de nos producteurs agricoles partout en Tunisie.
Ainsi, un modèle de développement rural s’impose avec force d’autant que notre compagne dispose de tous les atouts pour redevenir un grenier comme il l’a été à l’époque romaine. Il suffit de revaloriser ces zones rurales délaissées telles les délégations de Nadhour, de Zriba ou encore de Saouaf dans le gouvernorat de Zaghouan. Faire de même, également, dans tous les gouvernorats du pays.
Aujourd’hui, le nombre de terres agricoles biologiques dans le monde a augmenté de 1,6% et en Europe de 5,8%. Le marché de l’alimentation biologique dans le monde a augmenté de 8% et de 13,4% en Europe. Le nombre de producteurs bio dans le monde est de 3,1 millions. L’inde se place à la première position avec 1 366 226 producteurs bio. En Europe les producteurs et transformateurs bio sont aussi en plein essor par rapport à 2018, soit +2,8 % et + 5,9 %.
Il s’agit d’une chance inouïe pour la Tunisie pour s’investir pleinement dans ce secteur prometteur Rien qu’en Europe, notre premier partenaire, le marché des produits bio s’est élevé à 72 milliards $ €). Au niveau environnemental et social, en faisant tourner les cultures dans le temps et en les associant les unes aux autres dans l’espace, l’agriculture bio fait appel à une main-d’œuvre locale. Elle utilise les possibilités naturelles pour augmenter la production mais aussi pour la rendre durable à long terme. La FAO considère que l’agriculture est en rupture avec le traditionnel cercle vicieux qui veut que les agriculteurs s’endettent pour l’achat de pesticides et d’engrais. A contrario, les producteurs bio sont autosuffisants pour leur nourriture et disposent de meilleurs revenus.